http://www.kyokushin-guadeloupe.com

The Black Belt PDF Imprimer Envoyer

La ceinture noire signifie que le pratiquant est reconnu par le professeur comme élève initié. Croire que la ceinture noire est le symbole de la maîtrise est une erreur commune en occident.

L'article suivant est traduit de l’anglais Black Belt - What does it mean? de S. Oyama pour kyokushin-guadeloupe.com

Enseigner les arts martiaux et proposer vendre des ceintures Noires est à la portée de tous. On remarque ce genre de club partout. J’appelle cela «fast-food karate».
Le World Oyama n’est aucun de ces style de karate.

Il faut savoir que la ceinture Noire existe aussi en dehors du monde du karate. Tous les budo (arts martiaux, voie du guerrier) utilisent les ceintures Noires comme symbole du pouvoir.
En observant la technique, les mouvements, et connaissances de la ceinture Noire vous verrez la qualité du budo peu importe le style.
Quand j’ai obtenu ma ceinture Noire j’avais 18 ans. Cela m’a pris 5 ans pour y arriver. À cette époque on s’entrainait 5 jours par semaine. Chaque cours durait quatre heures et demie. Les élèves désiraient même rester après les cours pour continuer à s’entrainer. Mon maître instructeur était Mas Oyama. Dès le début il m’a apprécié et j’étais un des ses élèves préférés.
Mas Oyama a établi les rangs de ceinture Blanche, ceinture Marron et ceinture Noire. Et c’était tout ! À 16 ans et après 2 ans de pratique, j’ai reçu avec beaucoup d’enthousiasme ma ceinture Marron ! Cela m’a marqué.
Au début je pensais qu’obtenir une ceinture Noire était quelque chose d’inaccessible. Il me semblait impossible d’atteindre un tel niveau. Une ceinture Noire était pour moi comme un fantôme ou un monstre – quelque chose d’irréel que je ne pourrais jamais atteindre. Mais à l’obtention de ma ceinture Marron, je voyais la ceinture Noire d’un autre œil. Je pensais, « Oui, je peux y arriver ». J’étais surexcité dès que je pensais aux entrainements. Je devais penser au karaté tout le temps - chaque jour, de jour comme de nuit -  particulièrement le kumite (combat libre).

Finalement, je me suis présenté à l'examen de la ceinture Noire. J’ai échoué. Alors j’ai réessayé. Et j’ai échoué. J’ai encore essayé…  et j’ai encore échoué. Il était évident  que je n’était plus le favori de Mas Oyama. C’était l’inverse. Et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je n’y arrivais pas. J’ai effectué les techniques de base mieux que les autres élèves. J’ai bien excecuté kata - avec fluidité. Et lors du kumite j’ai vaincu la plus part des ceintures Noires et même un par KO. Après cet examen je me sentais si bien, si certain de ma réussite. Quelques jours après cela, j’ai essayé de trouver mon nom sur le tableau des résultats. Mais il n’y était pas. Certainement un oubli ? Mas Oyama airait-il pu tout simplement se tromper en éditant la liste?... Mais au début du cours suivant il félicitât toutes les nouvelles ceintures Noires individuellement. Tout le monde applaudit à l’appel de chaque nom. Le mien ne fut jamais prononcé. Pourquoi ?!
J’étais si triste ! J’avais la confiance de mon coté, un bon niveau, une bonne coordination, la condition physique, l’esprit… Comment ai-je pu échouer ?
Pendant ma scolarité – cours élémentaire, collège et lycée – j’étais un très bon sportif. Mais les sujets académiques m’intéressaient peu, notamment les maths et les sciences. En fait, en cours j’évitais les professeurs et j’essayais de me faire oublier. Mais quand venait l’éducation physique j’étais le Roi ! J’étais LE sportif. Et je disais « regardez ce que je sais faire… ». J’étais fier de montrer à tous à quel point j’étais bon. C’était pareil à l’entrainement de karate, j’ai effectué kihon, kata et kumite mieux que quiconque. Je corrigeais même mes kohai (étudiants cadets). Et ils ont obtenu la promotion ceinture Noire ! Comment est-ce possible?!!! Trois années d'échec. Et pendant cette période dès qu’il y avait cours de combat réel je ne pouvais m’empêcher de vouloir surpasser mon adversaire et particulièrement en présence de Mas Oyama. Je voulais lui prouver que je pouvais vaincre n’importe quelle ceinture Noire. Je frappais des poings, des pieds et saisissais très durement. Les ceintures Noires venaient même me voir avant le cours pour me demander d’y aller un peu moins fort.

Un jour, nous prenions des photos pour le livre de Mas Oyama. « This is Karate ». Mas Oyama me fit revêtir un dogi noir et du maquillage pour me donner une apparence sinistre. Il me demanda de montrer la mauvaise manière d’effectuer les kihon (techniques de base). Un autre jour nous prenions les photos de toutes les techniques de casse – glace, planches et roches. L’une d’entre elles était vraiment très grosse. Quelques ceintures Noire ont tenté de la briser sans succès. J’étais en retrait en train de regarder tout ça et je me disais « Pff ! Moi je la brise ! » Mas Oyama regarda en ma direction j’ai cru qu’il lisait dans mes pensées. Il m’appela et dit devant tout le monde, « Si tu brises cette pierre je te donne la ceinture Noire ! » J’ai crié « Asha !!! » et toutes les ceinture Noires crièrent « Asha !!! » aussi et applaudirent. Ils étaient aussi survoltés que moi et devaient aussi penser que lorsque j'obtiendrais le même rang qu'eux je ne me sentirais plus obligé d'y aller aussi fort contre eux à l'entrainement. J’ai donc préparé mon esprit à cette tâche, et me suis concentré comme jamais auparavant. Je pensais, « c’est MA roche, je vais la briser et j’aurais ma ceinture Noire ». J’y ai mis toute ma colère en pensant « POURQUOI ai-je du attendre trois années pour la ceinture noire ?! » Je pouvais voir mon énergie passer à travers la pierre. Puis avec un très puissant KIAI, j’ai abattu le tranchant de ma main rempli de cette énergie accumulée à travers la roche qui se fendait!! La roche tombât en deux parties nettes. C’était le signe d’une très bonne casse, pas d’écrasement en plusieurs petits morceaux. Ces pierres semblaient avoir été séparées par une scie électrique. Après cela tout le monde s’écriât « ASHA !!! ». Même le photographe se dit impressionné, et il avait LA bonne photo. On peut la voir à la page 247 du livre de Mas Oyama « This is  Karate » (je suis celui avec le dogi noir. Il a utilisé un autre élève pour tenir la pierre brisée dans la photo suivante).

Mas Oyama observa mais ne dit rien. Il esquissa juste un petit sourire. Après un moment il dit « Beaucoup de gens on frappé cette roche, alors, cela ne compte pas !» En un instant je me suis retrouvé du haut de la montagne directement au fond du lac !
Pour faire court, j’ai finalement obtenu ma ceinture Noire. Je me rappelle encore de la fois ou je l’ai porté. Je me suis alors regardé dans le miroir. J’étais si fier. Mas Oyama me dit  « Sais-tu pourquoi tu as échoué autant de fois ? Tu es fort mais trop brutal en combat. Tu n’as pas de contrôle. J’ai aussi entendu dire qu’il t’arrive de chercher la bagarre à l’école et dans les rues » Il m’avait appris là une bonne leçon, je pensais à ses mots et ma vie changeât. Mon kumite changeât aussi… un petit peu.

Pour obtenir la ceinture Noire Oyama Karate, vous devez maîtriser toutes les techniques de base. Ce qui veut dire que vous devrez profondément assimiler tout le savoir du World Oyama Karate. Je dois rappeler à tous qu’en Oyama Karate Kihon Kai Ko (technique de bases) vous devez vous approprier les techniques individuelles de base. C’est la seule façon de comprendre chaque technique.
Pour la majorité des styles d’arts-martiaux les Kihon c’est juste donner des coups de poings dans le vide, donner des coups de pieds dans le vide et bloquer de l’air.
Nous ne nous entrainons pas de cette manière. Certes, on peut réaliser les techniques de manière générale en frappant pieds, poings et bloquant dans le vide ; mais pour vraiment comprendre quelque chose vous devez ressentir la technique en effectuant avec contact. Si vous vous entrainez avec contact vous ne faites pas qu’imaginer utiliser la technique comme c’est le cas dans d’autres styles de budo. De plus vous ressentez vraiment le but de la réalisation du mouvement dans tout votre corps.
Etudiez, documentez vous, puis cherchez le but de chaque technique, travaillez jusqu’au point de contact avec chacune d’entre elles. Ensuite, vous pourrez étudier la façon de bien les connecter entre-elles et ainsi créer des combinaisons de combat. C’est le but de l’entraiment kata. Pour bien faire, il ne faut pas effectuer les kata à chaque fois de la même façon. Il faut essayer de les contrôler de trois manières. S’entrainer à contrôler le timing, contrôler la force et contrôler la vitesse. Variez ces 3 éléments et pensez au résultat  de chaque enchaînement comme si vous étiez en situation de combat réel. Enfin, entrainez le kumite (combat réel). Essayez toujours de comprendre vos points forts et vos points faibles. Quel est votre propre style ? Est-ce du kumite direct? Est-ce du kumite passif ? Pouvez vous changer d’angles d’attaque facilement ? C’est l’entrainement qui fait tout. C’est la meilleure manière de savoir ce qui marche le mieux pour vous. Découvrez les éléments de votre propre style personnel. Vous devez comprendre tout cela pour arriver au niveau de ceinture Noire Oyama Karate.
Le Karate n’est pas un sport d ‘équipe. C’est un sport individuel ou chaque étudiant est différent. Certains on une bonne coordination d’autres pas, ou d’autres encore sont entre les deux. Cela n’a pas d’importance. C’est ce qui m’est arrivé lors de mon test de ceinture Noire. Je n’avais pas compris que cela ne dépendait  pas juste de ses capacités physique. Je devais comprendre habileté individuelle et prédispositions physiques - les miennes et celles des autres.

Après l’obtention de ma ceinture Noire je suis rentré dans un monde complètement différent. J’ai pris du recul sur mon entrainement et sur ma vie avec un œil plus critique. J’ai commencé à entrainer les kihon, kata, kumite avec encore plus d’attention. Comme j’aidais mes camarades ma façon d’enseigner changea aussi. J’ai commencé à expliquer et montrer les mouvements en fonction des particularités de chacun. Grâce à leurs réactions face à ce changement, je réalisais que nous nous comprenions mieux. J’ai aussi mieux assimilé ces techniques à un niveau beaucoup plus approfondi.
Nous appelons le premier niveau de ceinture Noire, Sho Dan SHo (« prêt à débuter » ou « début »). Souvenez vous donc que la ceinture Noire n’est pas le but ultime. C’est le début du parcours du Karate. Comme dans tous les sports, si vous ne continuez pas de vous entrainer et étudier, votre technique et votre sixième sens se faneront comme une plante privée eau. Sans entrainement vous ne perdrez pas seulement votre sens « aiguisé » du Karate -  votre sens intuitif développé – vous provoquerez également des fissures dans les fondations de votre groupe.

C’est cela être un ceinture Noire Oyama Karate. C’est refuser le « fast-food budo» - accès rapide, satisfaction brève et vite oubliée –
Les ceintures Noires Oyama Karate vivent une aventure d’étude et d’entrainement appliqué en cherchant toujours tout au long de leur vie à se comprendre eux-mêmes, leur Karate et leurs camarades.

Je suis fier de mes ceintures Noires.

Saiko Shihan Oyama ceinture Noire 8ème Dan, January 1st, 2004

(Traduit par Djenaro pour kyokushin-guadeloupe.com)

Tous droits photos réservés Japan Publications Inc.- Un article WorldOyama.com

Mise à jour le Jeudi, 01 Octobre 2009 01:12
 

Commentaires 

 
+1 #1 Frederic 28-07-2010 21:42
Bonjour,

Je vous écris depuis le Japon et suis particulièremen t content de voir et lire les quelques lignes de votre site.

Merci de ce travail et bonne continuation.
Bien Cordialement

Frederic
Citer | Signaler à l’administrateur
 

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

Identifiez vous

Accès strictement réservé aux membres.




Nous avons 5 invités et 1 membre en ligne